The Last Guardian - Trico, le grand aigle mangeur d'humain
Graphisme / ambiance sonore8
Histoire9
On t'attendait depuis tellement longtemps10
Camera / gameplay7.5
8.6La note finale
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Après presque 10 ans d’attente, le développement a commencé en 2007, la Team ICO a enfin sorti The Last Guardian. Le Projet Trico, repoussé plusieurs fois est enfin sorti le 7 Décembre 2016. Dirigé par Fumito Ueda de la Team Ico, déjà papa de ICO et Shadow of The Colossus, pour les personnes qui ont joué à ces précédents titre, The Last Guardian était le graal tant attendu.

Alors les attentes ont-elles été comblées ? Le titre vaut-il le détour ? Est-ce que j’ai crié, pleuré et me suis roulée par terre lorsque j’ai mis la galette dans la play ?
Je vais essayé de répondre objectivement à ces questions, parce que je suis une fan-girl.

The Last Guardian : Synopsis et impressions sans spoils

Un réveil douloureux

Un garçon, qui n’a pas plus de 10 ans, se réveille plutôt mal en point dans une sorte de grotte. À ces côtés une bête immense, blessée et attachée elle se réveille et en vous voyant grogne et se méfie de vous. Vous allez devoir la nourrir pour la soigner et qu’elle vous face un peu plus confiance. La bête que le garçon appelle Trico, vous sera de la plus grande utilité pour vous échapper de cet environnement à la fois hostile et poétique, parsemé de ruines et de paysages aux allures printanières.

J’ai la flemme de marcher et je suis pas patient-e

Alors tu as un problème. Trico n’est pas un simple boulet qu’il va falloir nourrir, bien au contraire, sans lui vu votre petite taille, impossible d’accéder à certains endroits dans cette forteresse en ruine. Il va falloir établir un lien solide, afin que Trico vous fasse confiance. Vous ne pouvez contrôler que le garçon, vous pourrez alors grimper sur Trico et lui parler pour qu’il comprenne où il doit aller, parfois vous en serez même complètement tributaire : c’est Trico qui prendra les devants et vous amènera où il faudra.
Et c’est là ce qui fait aussi la magie de The Last Guardian. Parfois on va être obligé-e d’attendre que Trico veuille bien se positionner comme il faut, ou à l’inverse pendant que vous êtes en train de chercher un passage, il va se barrer carrément sans vous (mais reviendra quelques secondes après, beh oui, sinon c’est complètement con), mais du coup vous ouvrira la voie vers d’autres lieux. Ca m’est arrivé très peu de fois, une fois que j’ai compris, je restais la plupart du temps sur Trico, et au moment où l’on cherche une échappatoire, Trico va bondir, sauter sur un pilier, ou une plateforme. Il faut donc de la patience parfois, pour arriver à nos fins avec Trico, tout est assez scripté sur son comportements, il faut donc qu’il soit placé d’une certaines façon à un certain endroit, pour que l’animation se déclenche. Cela n’enlève rien au charme si on prend le temps de regarder l’environnement.

Les similitudes à l’univers ICO

Dans The Last Guardian, Fumito Ueda continue de narrer une histoire dans l’univers qu’il a créé de toutes pièces. Ce sont toujours des univers hostiles et magiques à la fois, dans lesquels on a envie de vivre pleinement les aventures et d’aider les protagonistes qui ont des missions venues d’on ne sait où, ni vraiment pourquoi. Mais ça marche. L’envoûtement et là, et même si tout n’est pas parfait, même si le jeu est court, même si les graphismes sont à revoir, même si l’histoire manque d’éléments, on joue aux jeux de Fumito Ueda, et on se laisse transporter comme si on lisait un texte de poésie, il faut de l’imaginaire pour rentrer dedans, pour l’interpréter, mais une fois que c’est fait : ce n’est pas un jeu qui nous laisse indifférent. Et même des années après on se souvient de sensations, de ressentis, de sentiments vécus tout au long des jeux.

Concrètement, quels sont les similitudes de The Last Guardian avec les deux précédents opus ?
La première question que l’on se pose dès que l’on prend le contrôle du garçon, c’est comment je me suis retrouvée ici ? Autant dans ICO, c’était la cinématique d’intro donc on le comprenait de suite, autant là, le mystère est entier pendant un long moment. Le garçon ressemble à ICO et a le même gameplay, véritable poupée de chiffon, le garçon va répondre aux commandes très facilement, ce qui manque malheureusement de naturel dans un jeu comme The Last Guardian et qui jure complètement à côté de la lenteur des déplacements de Trico.
Ce dernier rappelle partiellement les colosses de Shadow of the Colossus, bêtes immenses sur lesquelles ont peut monter, ou plutôt escalader pour arriver sur des zones où le personnage doit assainir des coups. Ici pas d’épée à planter, mais des lances à retirer du corps de Trico.
La dernière comparaison réside dans le langage utilisé par le garçon. Même langage usité par ICO, on reconnaîtra parfois certains mots, comme Trico le plus simple, mais aussi la façon de dire les ordres.

Un jeu tout en antinomie

Le jeu est construit sur un élément et son contraire. Les décors et l’univers dans lesquels évoluent le garçon et Trico sont majestueux, magiques, sublimes et inquiétant, parsemés de dangers à la fois. Les personnages vont passés de sensation de vertige à de la claustrophobie.

Le garçon, chétif, petit, faible est l’opposé de Trico, immense, imposant, inquiétant au début. Cette opposition va aussi être leur force, ils auront besoin du gabarit chétif de l’un et de l’immensité de l’autre pour venir à bout des énigmes et des pièges tendus par la forteresse.

The Last Guardian Attention spoils

Je ne peux malheureusement pas dire que The Last Guardian soit le jeu de l’année 2016 à cause de quelques ratés, mais il a quand même sa place dans le haut de la liste.

The Last Guardian est un jeu comme on en fait plus. J’entends par là que l’écran est vide d’indication en tout genre, va là, fais ça. On n’est pas du tout pris part la main, on doit chercher, fouiller le décors pour savoir où on doit aller ou comprendre ce que l’on doit faire. J’avoue être restée bloquée deux fois pendant assez longtemps avant de craquer et d’aller voir une soluce juste parce que je n’avait pas assez insisté sur tirer un élément du décors ou inciter Trico à aller à un endroit.

Le jeu n’est pas long, je l’ai fini en moins de 15 heures, il y a même un trophée pour le finir en 5 heures. Il est assez linéaire. Même si les décors sont assez vastes, on va facilement trouver la sortie ou la prochaine zone à explorer, on va être bloqué-e parfois sans vraiment galérer si on insiste, les énigmes ne sont franchement pas difficiles.

A tout cela s’ajoute un jeu qui a mis du temps à être développé, presque 10 ans. On se retrouve donc avec un jeu que la PS3 aurait pu aisément faire tourner. Ce n’est clairement pas une claque graphique loin de là.

Malgré tout ceci, la plupart d’entre nous qui ont attendu The Last Guardian vont l’aimé car on se retrouve encore devant un concept innovant. On se retrouve devant deux personnages complètement différents, on ne peut en contrôler un, on se retrouve donc complètement tributaire de l’autre. Parfois on va devoir patienter le temps que Trico se décide à nous écouter, ou se positionne de la bonne façon le temps de déclencher le script. Parfois les aller-retour que fait Trico ou les tours sur lui-même sont très énervant. Puis parfois il suffit de s’accrocher à Trico et on va complètement lacher prise sur le contrôle du jeu, on se laisse complètement transporter par cet animal gigantesque à courir et sauter à travers des décors majestueux et vertigineux. C’est d’ailleurs une sensation que j’ai eu à plusieurs reprises dans le jeu, quand Trico prend de la vitesse, je l’ai clairement ressentie, comme cette sensation de vertige lorsqu’il grimpe de rocher en rocher surplombant le vide.
La caméra est toujours placée de telle sorte que c’est le meilleur angle pour voir les deux personnages et ce qu’il se passe devant. Ca se corse malheureusement lorsque les deux personnages font bande à part. On va avoir alors une sensation de malaise, voire de nausée si la caméra est trop rapide. Personnellement j’ai baissé la rapidité de la caméra, même au contrôle du personnage.

Sensation quand Trico me regarde. Au départ la différence de taille est très importante et impressionnante, de plus on ne sait pas comment l’animal va se comporter, surtout qu’il peut nous tuer. Puis au fur et à mesure que la confiance s’instaure, le comportement de l’animal envers nous va changer. De la complicité et même de la tendresse vont s’instaurer.

Conclusion

Fini en moins de 15 heures, The Last Guardian se laisse le luxe d’être un ovni dans la flopée de jeux dont l’industrie du jeu vidéo nous accable chaque année. Pour peu que vous soyez un-e fan de l’univers de Fumito Ueda, ou que soyez en recherche de jeux qui sortent de ce qu’on nous sert habituellement. The Last Guardian répondra à vos attentes. Peut-être un peu cher à 70€, il trouvera sa place chez vous, très facilement à 35-40€. L’aventure vaut la peine d’être vécue. Attention la patience est tout de même de mise : il faut comprendre le jeu, et comprendre ce que l’on doit faire pour avancer, chose que nous gamers ne sommes plus habitués à faire, tant les jeux sont criblés de map, de symboles et de gps en tout genre. D’un avis personnel, je pense que The Last Guardian peut-être joué avec un enfant en spectateur, ou avec une personne qui ne vas pas forcément apprécier les jeux vidéo à la base.

A propos de l'auteur

Fondatrice

Musclée des doigts depuis 1984, le jeu vidéo a toujours été une passion. infoGraphiste de profession, je me suis lancée dans l'aventure du blog pour que mon métier se lie avec cette passion du jeu vidéo.

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