Life Is Strange True Colors ecran-titre
Life Is Strange True Colors ecran-titre

[TEST] LIFE IS STRANGE: TRUE COLORS – couleurs émotionnelles

Temps de lecture estimé 5 minutes

Life is Strange revient sur le devant de la scène avec un opus qui se démarque du reste de la franchise. Il se démarque, mais j’y ai pourtant retrouvé mes premières amours et honnêtement je ne m’y attendais pas. Un gros coup de cœur pour ce True Colors et un test aux petits oignons garanti sans spoil.

Jeu : LIFE IS STRANGE: TRUE COLORSGenre : Life Style / Narratif / Histoire à choixStudio : Deck Nine GamesEditeur : Square EnixDate de sortie : 9 septembre 2021 Plateformes : PS4, PS5, PC (Steam) et Xbox One Xbox Series X|S, GeForce NOW et Google Stadia, Nintendo Switch disponible plus tard en 2021 PEGI 18 Testé sur : PS5 Prix conseillé : 59,99€

LIFE IS STRANGE: TRUE COLORS – l’histoire se répète, mais ne se ressemble pas

Vous incarnez Alex Chen, jeune adulte, elle rejoint son frère Gabe à Haven Springs dans le Colorado, après quelques années sans s’être vus. Les retrouvailles sont très chaleureuses (ou non selon votre choix) et vous allez découvrir une petite ville magnifique au pied des montagnes, remplie de fleurs, d’émotions et de personnages tous très attachants.

Les présentations faites, vous vous baladez dans Haven pour prendre vos marques. La ville est plus grande que la partie explorable, dommage, j’aurais aimé avoir plus d’espace et passer beaucoup plus de temps dans les rues à explorer et à m’imprégner de la vie locale.

Dis-moi quel est ton pouvoir je te dirais qui tu es

Alex Chen est ce qu’on appelle une hyper-hypersensible aiguë (pas du tout je viens de l’inventer), son pouvoir est quelle ressent les émotions des personnes comme la tristesse ou la colère. Elle peut donc s’en servir pour comprendre ce qu’il se passe réellement et qu’elles sont les pensées profondes des personnes. Et franchement, c’est plutôt utile pour avoir la vérité et savoir ce que pense réellement les gens sans le filtre social.
Seulement voilà, le problème est qu’Alex en plus de les découvrir et les analyser, les ressent réellement et même les vies, elle peut donc être paralysée par la même peur ou être dévastée par la même tristesse. Difficile pour un petit cœur de jeune adulte qui débarque dans une ville quelle ne connait pas. Mais vous vous doutez bien qu’Alex ne va pas se laisser démonter et en s’attachant aux gens, elle va aussi développer et mieux maîtriser son pouvoir.

De l’émotion des couleurs et des nouveautés

Le titre du jeu n’aura jamais été aussi vrai dans la franchise Life Is Strange (en même temps, les autres n’en avait pas vraiment) et s’il vous intriguera au début, il prendra toute sa signification au cours de votre partie.
On parle souvent des couleurs comme des causes d’une émotion (le bleu calme, le rouge stimule, etc), dans Life Is Strange: True Colors c’est l’inverse : ce sont les émotions qui définissent une couleur.

Le jeu se divise en 5 chapitres et à la différence des autres ils sont TOUS jouables dès la sortie et ça fait un bien fout ! Je ne suis pas fan de l’épisodique, les épisodes cliffhanger sont beaucoup trop pénibles émotionnellement pour moi et avec Life is Strange: True Colors j’ai enfin pu jouer d’une traite ! Et je n’ai pas lâché le jeu, jusqu’à épuisement des yeux à une heure tardive.


Life Is Strange: True Colors, se démarque clairement des autres Life Is Strange dans son histoire, la façon de gérer les gens. Les activités et les tournures que le jeu propose, le chapitre 3 est clairement le meilleur chapitre auquel j’ai pu jouer dans un jeu vidéo. Et il y a beaucoup de choses bien pensées dans cet opus, comme les objets a priori anodins que l’on découvre en fouillant ici et là, dans True Colors, les pensées d’Alex sur ces mêmes objets évolueront au fil de l’histoire et même pour d’autres vous pourrez en découvrir le passé émotionnel avec son pouvoir.
L’exploration n’est donc plus là pour ajouter du temps de vie au jeu ou pour déclencher des trophées / succès, mais ils ont enfin un vrai sens évolutif par rapport à l’histoire et aux protagonistes.

La nouveauté et cette fois-ci pas vraiment glorieuse est que pour la première fois, j’ai vu un bug dans un Life Is Strange, Alex se tenait en croix, le personnage 3D posé avant de prendre sa pose normale 1 seconde après. Le jeu souffre un peu aussi de mini-temps de chargement qui se traduisent par des sauts de caméra ou une texture qui va s’affiche une demi-seconde plus tard, mais assez longtemps pour le voir à l’œil nu. Dommage surtout que j’y ai joué sur PS5 et que les performances sont censées être optimales. Ceci dit, je cherche la petite bête et c’est réellement pour trouver quelque chose de négatif à dire sur le titre.

Il vous faut à peu près une dizaine d’heures de jeu pour finir le jeu une première fois et il vous tient en haleine jusqu’au bout. Il y a, on le sait déjà, des choix à faire dans les Life Is Strange, mais la nouveauté de ce True Colors (ou plutôt la nième nouveauté) est qu’en fonction de vos choix, vous ne découvrirez pas 2 fin différentes comme on en a l’habitude, mais 6 fins principales différentes selon vos choix et vos relations tout au long des 5 chapitres. Et ça relance complètement la vie du jeu puisqu’en cherchant les dialogues et les actions que vous avez ratées, vous y reviendrai bien volontiers en modifiant votre parcours ou en faisant l’autre choix sur lequel vous hésitiez.
Honnêtement, les personnages sont tellement attachants, qu’on a facilement l’envie de relancer une partie juste après avoir vue la fin. Et ce sentiment-là, je n’ai eu envie et je ne l’ai fait que sur le premier Life Is Strange.


Comme ma première fois

J’ai joué à tous les Life Is Strange sauf Before The Storm, je n’en ai entendu que des mauvais échos. Et j’entendais d’ailleurs les mêmes mauvais écho, car le studio est le même pour True Colors. Donc je ne m’attendais à rien pour ce nouveau Life Is Strange, j’étais plutôt archifan de la première heure lorsque la licence a été créée par Dontnod et moyennement satisfaite lorsque le tout a été racheté par Square Enix et en plus que le studio a changé. Donc réellement avec True Colors j’étais sur la découverte et je comptais bien me faire mon propre avis.
Au fil du déroulement de l’histoire, de la découverte du passé des personnages, des nouveautés qu’offre le jeu, j’ai été enchantée, puis enchantée puis, je me suis dit, mais en fait je ressens les mêmes émotions que lorsque j’ai joué à Life Is Strange premier du nom. La même découverte, ce souffle de fraîcheur qui vient relancer la franchise, qui du coup nous remet dans une position contemplative totale de ce qui arrive et où pourtant on nous demande aussi d’agir pour faire avancer l’histoire. Ces émotions décuplées que j’ai ressenti, j’ai souris, j’ai ris, je me suis exclamée de surprise, j’ai pleuré, comme lorsque ma découverte du premier opus. Je n’ai pas ressenti ce côté blasé (même si j’ai apprécié le titre) comme lorsque j’ai joué à Life Is Strange 2. Je suis redevenue une post-ado pré-adulte moi aussi dans Life Is Strange: True Colors et j’ai adoré. Et le fait que le titre soit jouable d’une traite aussi, même si le découpage en chapitre existe toujours ainsi que vos stats de choix et comparatif, le fait d’avoir la possibilité d jouer le titre d’une traite apporte une énorme nouveauté et j’ai abordé le jeu différemment, impossible de le lâcher : je suis dans l’émotion, je veux découvrir, savoir la suite et ça n’a fait que décupler les émotions.
Alors peut-être vous direz-vous que je ne suis qu’un petit cœur fragile (oui, c’est vrai) mais ce Life Is Strange restera avec le premier du nom, l’un de mes meilleurs souvenirs de la franchise.

Graphismes
8.5
Musiques / sons
8.5
Histoire / Intrigue
9
Rejouabilité
9
Nouveautés
10
Note des lecteurs0 Note
0
9