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[TEST] Crossfire : legion [Accès anticipé]

Temps de lecture estimé 9 minutes

Crossfire, initialement développé et édité par les studios Sud-Coréens Smilegate Entertainement a fait ses premiers pas dans le monde du jeu vidéo en 2007. Il s’agissait alors d’un jeu de tir à la première personne orienté tactique et lutte anti-terroriste. S’ensuit une incroyable success story : en quelques années, il devient le jeu en ligne le plus joué au monde avec ses 680 millions de joueurs et ses records de connexions simultanées (3,7 millions de joueurs sur ses serveurs en 2012). Jeu le plus rentable de 2014, il se hisse en 2018 parmi les plus gros succès planétaires avec ses 10,8 millions de dollars de revenus cumulés. En 2016, une suite est annoncée… qui ne viendra jamais. Finalement, en 2022 la franchise reprend du service avec une toute nouvelle mouture : en partenariat avec Blackbird Interactive et Prime Matter, c’est un jeu de stratégie en temps réel qui vient de sortir en accès anticipé sur Steam. Tour d’horizon pour les noobs (et les autres).

Jeu : Crossfire : legion Genre : Stratégie en temps réel Studio : Blackbird Interactive Editeur : Prime Matter Date de sortie : 24 mai 2022 Plateformes : PC Prix conseillé : 29,99€ Jeu Solo / multi / co-op Testé sur : PC
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Une intro qui vous en met plein les mirettes.

Crossfire : Legion vous propose un scenario dont seul l’acte 1 (soit 4 missions) est disponible pour le moment (les autres sortiront d’ici le full release, qui n’a pas encore de date). Vous incarnez les (très) jeunes et (très) beaux commandants de la faction Black List, des gentils mercenaires qui veulent sauver un monde bientôt en ruine de la prédation des méchants mercenaires de Global Risk qui ne pensent qu’à s’enrichir et contrôler les populations passives et malmenées par la guerre. Quoi j’ironise ? Vous suivez donc les aventures armées et musclées de Phoenix et Viper, assistée de Freefall, qui est elle aussi armée et musclée mais avec un uniforme crop-top parce que bref. Avec en prime un plot-twist final très hollywoodien qui téléphone la suite (non, il n’est pas mort, il s’appelle Phoenix ! Si son épine dorsale est foutue, qu’une solution : foutez-moi ça dans un méca et sus au traitre ! Je parie ma chemise là-dessus).

Bon ok, le mode histoire est navrant, MAIS les missions sont sympas, elles. Elles ne sont pas excessivement difficiles à accomplir mais vous commencerez à comprendre que le diable se trouve dans les détails et qu’un petit rien peut transformer ce qui apparaissait comme une promenade de santé en défaite cuisante… Ce premier acte vous offre un tuto décent à ce qui vous attend ensuite : infiltration, construction de base, maniement des unités, diversité des ordres des commandants… Si vous vous débrouillez bien, ce sera deux heures de jeu assez divertissantes à travers villes ravagées et camps ennemis.

Le multi / la co-op

Jouons cartes sur table : mon premier jeu de stratégie, c’était il y a 6 mois, avec Punk Wars… Mais c’était un 4x au tour par tour, qui vous laissait le temps de chill, de réfléchir, de vous positionner avant de lâcher le feu de l’enfer sur vos assaillants, éventuellement de lancer un café et beurrer une tartine entre deux améliorations de base. Là, c’est pareil, mais sans le temps pour réfléchir et beurrer des tartines. Le danger c’est maintenant. Tu as environ 1 minute et 38 secondes pour te préparer et tu paieras très cher toute erreur de jugement. Les joueurs et joueuses de Starcraft 2 seront donc en terrain connu, quoiqu’il n’est pas certain que Crossfire : legion tienne la dragée haute à leur licence fétiche.

Le jeu propose de jouer 3 factions différentes (Global Risk, Black List et New Horizon), chacune avec leurs spécificités et deux commandants pour chacune d’entre elles qui sont susceptibles de lancer des ordres et stratégies particuliers (bombardements toxiques, zone de ralliement, possibilité de rendre furtives des unités etc). Ensuite, fantassins, blindés, aviation sortirons bottés et casqués de vos usines au prix d’un peu de temps et de beaucoup de ressources… et encore plus pour accéder à leurs améliorations. La micro est sensible, précise et rapide, point de salut si tu ne sais pas jouer clavier, car chaque seconde et chaque centimètre pris sur la carte comptent. Pas le temps de niaiser ! Il faut exploiter toutes les capacités de vos unités pour extraire tous le sel des larmes de vos ennemis…

Crossfire : legion Description des factions.

Niveau macro, vous aurez à gérer deux ressources (le carburant et les matériaux) qui sont placées à des endroits prédéfinies de la carte et qui seront extraites par des petits robots ouvriers qui feront alors l’aller-retour entre le lieu d’extraction et la base. Cette gestion n’est pas compliquée mais néanmoins déterminante : chaque ouvrier que vous créez prend une place et nécessite des ressources qui seront peut-être utiles ailleurs… Votre population est en effet plafonnée et relever cette limite nécessite de nouvelles constructions… qui demandent des ressources… qui nécessitent des ouvriers pour être extraites… et du temps pour être construites… T’as pigé : il faut faire des choix. Et si possible les bons.

Crossfire : legion, début de partie.
Siffler en travaillant…

Si vous débutez, je vous conseille de commencer par la campagne, histoire de vous familiariser avec les commandes du jeu et le potentiel de chaque unité. Puis dirigez-vous insouciamment vers les modes multi-joueurs… Prenez quelques raclées en 1v1 (ça va très vite, ne vous inquiétez pas), puis reprenez vos esprits et faites ce que vous auriez dû faire depuis le début : tentez les missions co-op (elles sont fun, variées et potentiellement exigeantes) pour farmer la monnaie du jeu, améliorez votre deck d’unités avec cette monnaie, puis faites-vous les dents sur du versus contre IA. Un bon moment. Puis augmentez la difficulté. Encore quelques parties et quand vous sentez que c’est bon, vous avez une ou deux stratégies qui fonctionnent, vous êtes prêts à affronter le ladder, en équipe avec des ami.es ou tout.e seul.e comme une grand.e ! Ah oui, c’est sûr, il faut aimer la fessée. Mais dans quelques heures / jours ou mois si vous n’y mettez pas du vôtre (discutez sur le Discord avec les autres joueureuses, certains sont tristes de vous voir perdre !), vous prendrez une revanche à la saveur inoubliable.

Parlons-en du matchmaking : les développeurs ont annoncés qu’il mettrait en compétition des joueureuses de niveau équivalent mais non en fait ah ah. Ou alors il n’y avait personne de mon piètre niveau, je sais pas ? Dès mon troisième versus, je clopinais toujours au niveau 1, et je me suis fait liquéfier par un niveau 48 (le gars qui donne des tips deux paragraphes plus loin !)

Malgré son niveau de difficulté en multi, le jeu est assez facile à prendre en main, il faut juste prendre un peu de temps à passer en revue les capacités de chaque unité… puis apprendre à en faire bon usage ! Invisibilité, transports de troupe, distances de tirs, vous allez apprendre l’art de la guerre.

PETITS TIPS POUR GROS NOOBS
Comment ne pas se faire atomiser sur Crossfire, par sieur Hatakas, joueur de niveau 48

1) Jouer contre L’IA et se familiariser avec les unités et les touches. On peut jouer un mix clavier / souris ou majoritairement souris : le jeu est assez lent à l’instar d’un starcraft 2. Par contre si vous n’avez aucune idée d’ordre de construction des bâtiments (c’est le “build order”), à vous de découvrir ce qui vous convient le mieux !

2) Comprendre l’économie du jeu. On ne le dira jamais assez, le nerf de la guerre c’est l’économie (c’est la « macrogestion »). Ainsi le début de partie passe par une saturation des matériaux, en collecter le plus possible est primordial : il faut mettre rapidement 10 collecteurs dessus. Pour le carburant, il y a plusieurs options : si vous voulez sortir une base secondaire pour avoir plus d’économie (sensible aux pressions ennemies), 3 collecteurs sur le carburant c’est le top. Si vous voulez un départ plus sûr, vous pouvez partir sur 5 collecteurs de carburant et enchaîner dans la foulée avec la construction de deux casernes.

3) Comprendre les timings pour ne jamais couper sa production. Dès le début de la partie vous commencerez avec 5 récolteurs : Il est vital de construire dès que vous le pouvez une « maison » pour augmenter votre limite de population. Entrainez-vous contre l’IA pour comprendre quand vous allez être bloqué.e par les maisons que vous n’avez pas encore construites ! Dans le langage RTS : On appelle ça le “supply block”.

4) Comprendre la technologie propre à chaque faction et le timing de passage au niveau supérieur. Vous pouvez faire évoluer votre « core base » jusqu’au niveau 3 et à chaque fois, cela débloque d’autres unités ou évolutions. Le passage de niveau demande un nombre précis de ressources. Ainsi, passer au niveau 2 coûte 300 matériaux / 200 carburants. Connaitre cette valeur est importante pour anticiper cet investissement (qui est absolument INDISPENSABLE). Le passage niveau 2 se fait entre 3 minutes et 5 minutes de jeu : si vous produisez trop d’unités ça va ralentir ce passage ce qui n’est pas grave en soit mais l’important c’est d’être dans cette fenêtre du 3min / 5 min.

5) Le début de partie se joue avec des unités dite “early game” : des unités qui coutent principalement des matériaux et très peu de gaz (souvent de l’infanterie). Plus la partie avance et plus vous allez transitionner sur une phase de véhicules et ensuite passer à de l’aérien (sachant que l’état du jeu pour le moment rend l’aérien très fort par sa mobilité et ses compétences selon les factions que vous jouez).

6) Comprendre la notion de composition d’armée. Quand vous allez affronter l’IA, celle-ci va vous présenter un panel d’unités à affronter, ce qui est très formateur pour comprendre comment les unités interagissent entres elles et surtout quelles unités ont l’ascendant contre d’autres !! Bien sûr le nombre de ces unités peut influer un combat ! TIPS ULTIME : lancez la fabrication de fantassins dès le début du jeu. Puis au niveau 2, produisez des véhicules (mais pas trop ! ils ont du mal à contrer l’air). Ensuite massez les unités aériennes. Les combats sont généralement 30 % au sol et 70 % par la voie aérienne (sachant que certaines unités aériennes peuvent attaquer des cibles terrestres ET des cibles aériennes, à privilégier quand vous débutez).

7) Les tourelles défensives : une clef importante à utiliser dans vos parties !! Certaines factions peuvent débloquer les tourelles avant d’autre (comme New Horizon) car elles peuvent construire leurs armureries (bâtiment qui débloque les tours) dès le niveau 1. Quant aux autres il faudra faire un passage assez rapide à 3 minutes pour débloquer le bâtiment plus les tours. Elles coutent en moyenne 150 de matériaux et sont très utiles voir vitales ! Notamment pour sécuriser les prises de base supplémentaire ou votre base principale contre l’aérien ennemi (qui se débloque au niveau 2 / 3 selon les factions, donc rien ne presse). L’erreur en tant que débutant c’est de se murer de tours ! C’est une grave erreur car toute votre économie part dedans. TIPS ULTIME : Quand vous avez une deuxième base posez 2 tours à côté, quand vous aurez assez d’armée cherchez à prendre une 3ème base + 3 ou 4 tours.

8) Les améliorations de vos unités et de vos bâtiments. Il faut toujours améliorer les unités que vous allez produire ! Pour les unités, les améliorations se trouvent dans l’armurerie et dans le bâtiment qui leur correspond. Pour les bâtiments il faut débloquer les niveaux en question et améliorer le bâtiment qui produit les unités. TIPS ULTIME nombre de bâtiment à construire : 3 casernes avec une autre base puis à l’âge 2, deux choix stratégiques. CHOIX 1 : 1 usine et 2 spatioports. Ou CHOIX 2 : 3 usines et 2 spatioports. C’est super important de chercher à avoir deux spatioports sans quoi vous n’aurez jamais la capacité de contrer l’air ou prendre le contrôle de la zone aérienne !

9) Prendre du plaisir à son rythme ! Essayer de mettre en pratique ces conseils et se forger sa propre expérience contre l’IA est le meilleur apprentissage. Une fois que vous aurez battu l’IA en normal et avec de plus en plus d’aisance vous pourrez passer sur des parties de ladder (le classement) pour vous confronter aux autres joueurs. Il y a de tous les niveaux donc pas de stress, l’important c’est de regarder ce qu’on fait et ensuite comprendre ce qui s’est passé dans la partie : on apprend beaucoup en regardant nos adversaires ! Pour ça il y a une fonction très pratique sur le jeu qui vous permet de regarder les parties en replay ! Une chose fun à faire aussi c’est de trouver des joueurs pour s’entrainer en 2v2, 3v3, 4v4 ou se lancer des challenges contre l’IA.

 

Et si vous ne débutez pas ? Vous vous vous amuserez probablement, le jeu n’offre rien de plus que ce que vous connaissez déjà… mais tout y est. Le jeu n’en est qu’à sa sortie anticipée, il sera encore amélioré, des maps, des missions, des modes de jeu (comme un battle royal) et des unités seront ajoutés jusqu’à la sortie finale et son équilibrage est d’ores et déjà plutôt satisfaisant. Les maps sont cools, les unités stylées, la DA agréable, le niveau très compétitif : si vous ne vous amusez pas c’est que vous ne le voulez pas vraiment.

Conclusion

De l’avis des joueurs de Starcraft on est pas loin du pur copié-collé du RTS de Blizzard, ce qui est probablement un gage de qualité… mais aussi un sacré bâton dans les roues de ce petit nouveau qui aimerait se faire sa place au soleil : le cœur des amateurs de RTS est déjà pris…

Mais par sa simplicité et son attrayante cosmétique juvénile, il se place plutôt bien auprès des ignorants, des noobs et du jeune public qui feraient peut-être bien de faire leurs armes sur Crossfire: Legion avant de se lancer dans l’arène enfiévrée et ultra-compétitive de ce genre qui a fait de la guerre un exercice de précision.

Animation, graphismes, direction artistique
8
Scénario, narration
4
Gameplay
7
Musique et sound design
7.5
Note des lecteurs1 Note
9.9
Entièrement traduit en français.
Une coop et une campagne accessibles pour les noobs.
Un pvp compétitif et une IA qui se respecte.
Un scenario de campagne décérébré.
Un copié-collé d'autres licences sans grandes innovations pour le moment.
Un contenu encore un peu chiche (mais ça va venir).
Une hauteur de caméra très limitée.
6.6