[TEST] Boti : Byteland Overclocked, soft qui peut

Boti : Byteland Overclocked, c’est le dernier plateformer 3D développé par le studio polonais Purple Ray Studio et édité par Untold Tales et CouchPlay Interactive. Né d’un concept salué lors de l’Epic Mega Jam 2021, il vient de sortir, le 15 septembre 2023, sur PC uniquement, les sorties consoles étant prévues pour 2024. Petit tour d’horizon.

Jeu : Boti : Byteland Overclocked Genre : plateforme 3D Studio : Purple Ray Studios Editeurs : Untold Tales et CouchPlay Interactive Date de sortie : 15 septembre 2023 Plateformes PC Prix conseillé : 15,99€  solo Testé sur : PC

Boti : Byteland Overclocked se veut être une plongée passionnée dans les jeux vidéo de notre enfance, qui souhaite offrir la fraicheur de la découverte au plus jeunes et la douceur de la nostalgie aux plus anciens. Coloré, guilleret, il vous donne une mission simple : collecter assez de données pour vous infiltrer au cœur d’un PC, retrouver la trace de votre mentor, le vieux sage Kernel, et débarrasser votre petit monde de ses glitches, trojan et virus. En root petit robot, la batterie est en danger !

Vous êtes Boti, un petit robot sans bras (mais avec de grandes oreilles qui lui servent à baffer tout ce qui passe à leur portée) et sans voix, chaperonné par deux petits bots, Zero et One.

Vous voyagez à travers une succession de mondes bien remplis où il vous faudra fouiner dans les moindres recoins en sautant de plateforme en plateforme pour rassembler des bits, indispensables pour l’ouverture de sas successifs vers les chapitres suivants. Vous trouverez également sur le terrain des skins pour votre petit personnage, des boost (de vitesse par exemple), ainsi que des enregistrements qui apportent un peu de lore et de corps à l’intrigue. L’inspecteur Columbot vous assistera tout au long de votre parcours pour comprendre ce qui se trame dans la RAM…

À vrai dire, le jeu n’étant pas traduit en français et les sous-titres (en anglais) défilant de manière erratique, en supplément des cinématiques un peu expéditives, je n’ai pas bien compris de quoi il était question dans le détail, mais se contenter d’aller d’un point A à un point B en suivant les grosses flèches lumineuses qui balisent votre route suffira à mener votre épopée de bout en bout.

Hacker vaillant, rien d’impossible

Les contrôles et commandes habituelles d’un tel plateformer sont bien là, avec quelques mécanismes en plus qui apportent un peu d’originalité (même si c’est déjà vu ailleurs) comme des éléments magnétiques pour vous déplacer ou déplacer des objets, ou le scanner d’environnement (pas loin d’être inutile). Sinon, saut, double-saut, dash et butt slam constituent la palette de base obligée du plateformer comme on l’a connu quand nous étions petit·es.

Toutefois les mouvements du personnage manquent de précision et sauter de plateformes en plateformes se montre parfois frustrant. Il faut aimer se sentir comme une balle de flipper, d’autant que tout un tas d’éléments du décor vous feront rebondir, vous repousseront ou se comporteront comme des baudruches trop gonflées, à l’image du petit bateau dans lequel vous aurez parfois à vous déplacer, diablement inconfortable à manœuvrer.

Votre parcours est ponctué de combats qui ne vous mettront jamais en difficulté malgré leur faible lisibilité, de rencontres de « boss » qui ne fonctionnent qu’à moitié, mêlant petites énigmes et attaques tourbillonnantes et (courtes) phases de jeu type « runner » où vous glisserez sur une piste, pour engranger des points tout en évitant des obstacles. Vous progresserez ainsi rapidement, sans temps mort, de pirouette en pirouette.

L’exploration et la recherche dans les coins les plus improbables, parsemés de petits puzzle pas franchement complexes, constituent le gros du gameplay : dans cet univers censé matérialiser les différents éléments d’un système informatique, tout se baffe, les caisses de .zip, les boites de data, les fleurs, les poubelles.

Les décors de Boti : Byteland Overclocked sont peu vastes mais bien remplis et si vous courrez bien partout, vous ne raterez presque rien. Ils sont toutefois difficiles à parcourir visuellement, étant donné la conception tout en hauteur de chaque niveau et la faible amplitude verticale de la caméra : partez donc en exploration tous azimuts avant de franchir chaque niveau. Celui-ci se clôt par un écran où s’affiche le décompte des bytes que vous avez récoltés, vous attribuant ainsi 1, 2 ou 3 étoiles, vous encourageant à rejouer un niveau pour améliorer votre score.

Ces bytes peuvent ensuite être dépensés dans votre hub pour améliorer votre petite île perso, avec des modules et décorations de votre choix.

Yes, we LAN ! Le jeu propose de la coop en duo, avec des inconnu·es ou des amis, en ligne ou en local, qui n’apporte toutefois pas grand-chose, si ce n’est le plaisir de partager un moment ensemble… et votre butin de points.

Autre ombre au tableau : les deux bots qui vous suivent partout, qui forment un tout qui se veut comique – l’un est joyeux et plein d’entrain, l’autre blasé et aigri – mais se révèle plutôt irritant : ils commentent tout, tout le temps, se répètent et ne vous aident pas vraiment quand vous ne savez plus où vous en êtes.

Mais un bon point : vous pouvez vous balader avec un chat sur la tête.

Un chat sur la tête...
Oui, c’est possible.

On ne va pas se mentir (un clavier AZERTY en vaut deux), le gameplay de Boti : Byteland Overclocked souffre d’un manque de polish, et d’approximation auxquels s’ajoutent des bugs un peu trop présents : erreurs dans l’affichage des commandes lors du tutoriel, textures qui ne s’affichent pas, plateformes visibles que vous traversez pourtant, éléments tout bonnement absents qui vous forcent à relancer le niveau… Il n’est d’ailleurs pas possible de sauvegarder quand vous le souhaitez à l’approche d’une plateforme un peu touchy à franchir, mais les points de sauvegarde sont tout de même assez nombreux pour reprendre rapidement le fil de sa progression. Notons également que le menu PAUSE comporte un bouton « Unstuck », pour vous décoincer au cas où…

BIOS a la playa

Boti : Byteland Overclocked, c’est un peu comme ces tiges en plastiques remplies de sucre acidulé aux couleurs flashy de notre enfance : ça excite, c’est joli et ça pique un peu.

Clairement, j’ai passé l’âge de m’amuser là-dessus, et le jeu me parait calibré pour les plus jeunes, celles et ceux qui abordent la première décennie de leur existence. Votre vision est saturée d’éléments aux couleurs vives, fluo, clignotantes et sautillantes, les petits habitants de ce monde étrange ressemblent drôlement à des minions et les différentes animations sont plutôt rigolotes… un résultat assez différent, donc, du jeu présenté à la MegaJam, beaucoup plus sombre.

Panorama d'un niveau, en bord de plage.
Boti à la plage.

Le rythme est trépidant, la musique à l’avenant et une partie de Boti : Byteland Overclocked sera l’équivalent d’une bonne grosse dose de sucre dans les veines de vos bambins.

En revanche, si vous avez 10 ans, vous ne verrez pas les références qui parsèment le jeu, du coup de cul à la Super Mario 64, au personnage sans bras à la Rayman en passant par les séquences de run à la Crash Bandicoot. Le jeu s’approche parfois d’un classique comme It Takes Two dans ses mécanismes, mais toutes ces références restent largement inégalées ici. Pour vous dire : Columbot ne fait même pas de blague sur sa femme.

Boti : Byteland Overclocked, conclusion

Boti : Byteland Overclocked n’est pas foncièrement déplaisant. Il souffre encore de nombreux bugs sur lesquels les développeureuses travaillent ardemment, on ne saurait donc que trop vous conseiller d’attendre les prochaines mises à jour pour en faire l’acquisition. C’est une petite bouffée d’air, pas vraiment fraiche, pas vraiment neuve, mais honnête dans sa proposition, qui fera passer un bon moment à vos enfants et leurs copains (une demi-douzaine d’heures de jeu au total) à travers des niveaux courts et accessibles au rythme endiablé.

Gameplay
5.5
DA, animations, graphismes
5.5
Narration
3
Difficulté, challenge
4
Musiques et sound design
5.5
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Un monde coloré, conçu pour les plus jeunes (environ 10 ans)
Un rythme enlevé et bon enfant
Un gameplay accessible
Un plateformer classique, sans grande originalité
De nombreux bugs, un jeu pas vraiment fini
Fatigue occulaire garantie
4.7