Sunday Gold : Prologue 33

Sunday Gold : Prologue

Temps de lecture estimé 5 minutes

Tu as comme une envie de SF colorée dans des décors cauchemardesques (genre le parking d’une société tentaculaire et malfaisante), de la musique qui te décolle les cheveux de ta migraine, avec des méchants aux épaules très carrées, de l’aventure, des énigmes, des « gentils » qui sortent de taule et un antagoniste qui s’appelle Kenny ? Sunday Gold sort le 13 septembre ! J’ai testé pour vous le prologue disponible sur Steam et : ça annonce du bon.

Jeu : Sunday Gold : Prologue Genre : Point & Click stratégique au tour par tour Studio : BKOM Editeur : Team 17 Date de sortie : 10 août 2022 Plateformes : PC Prix conseillé : Gratuit Jeu Solo Testé sur : PC

Sunday Gold : Prologue 34
Londres, The Big Wet

Développé par le studio canadien BKOM qui s’intéresse au jeu sous toutes ses formes (apps, jouets connectés…), il est édité par la Team 17 (qui a offert au monde la franchise Worms, mais aussi Overcooked et plus récemment Hell Let Loose ou Thymesia). Ils nous proposent un jeu élégant plein de gros mots, qui allie point and click et stratégie au tour par tour. Leur rejeton m’a tellement enthousiasmée que j’espère ne pas manquer d’adjectifs et d’adverbes avant la fin de l’article.

L’ambiance : Pulp friction

Combinez les lueurs cafardeuses sur les pavés d’une Londres inondée et le mépris des bandeurs de misère à la fortune congénitale, vous obtiendrez une intrigue humide où les canailles de 2070 tentent de tenir la dragée haute au plus gros conglomérat industriel du moment, du genre qui embauche/licencie toute la ville et divertit les masses alcoolisées avec des combats de chiens-zombies cybernétiques. C’est assez dystopiques pour vous ?

L’intrigue est vigoureusement installée sur ton écran et il ne te faut que quelques dixièmes de secondes pour comprendre que tu débarques dans un jeu de casse : on casse des bouches, on casse des coffres-forts et on se casse ! Couteau-papillon et batte de base-ball, ça va être sauvage.

Vous contrôlez trois personnages : Frank Barber, un repris de justice qui pense être un Robin de Bois (mais très perso concernant la gestion de ses larcins), Sally Wheeler, l’atout muscle de l’équipe et activiste de la cause animale (J’ai évoqué les chiens zombies : Sunday Gold est apparemment un chien qui rafle toutes les victoires de la ligue de course au cœur de l’intrigue, mais on n’en sait pas davantage) et Gavin Dorsey, un ex-employé de chez Hogan, hackeur à ses heures, dont on se demande quelle quantité de stress il est capable d’encaisser avant de souiller ses culottes. Vous allez vous frotter à Kenny Hogan, un vilain petit monsieur qui vante les vertus de la méritocratie en s’asseyant sur la dignité humaine.

Ces personnages et les PNJ qu’ils croisent sont toustes d’effroyables casse-couilles charismatiques (nos amis les grands-bretons disent a pain in the ass), mal froqués juste comme il faut, qui jouissent tous d’une VO hyper soignée, du redneck torché au caïd de la mafia française qui commence à en avoir marre d’attendre son fric. La VF bénéficie d’une localisation remarquable qui donne foi à leur gouaille, leur peur et leur audace.

Mais c’est la DA qui va vraiment vous régaler avec son style inspiré des comics modernes, un style aux aplats de couleurs vibrantes, qui rend si bien les visages secs, les nez charnus et les pores luisants, ça sent le cuir, les cheveux gras et la sueur, on voit le vent attiser la clope du héros et on sent combien la nuit est lourde sur ses épaules… L’animation est réduite à l’essentiel – onomatopées graphiques à l’appui – ce qui fait de chaque plan un bijou de perspective qui saisit la violence de l’instant, la stupeur de ses protagonistes et ce scintillement de la pluie sur le trottoir, là…

Les cinématiques alternent un genre de crayonné gras qui emprunte à la caricature (la gueule du grand méchant, c’est bien simple, on a envie de lui taper dessus) et des cases de BD dynamiques ; le rythme est enlevé et tapageur, avec par-dessus une bande-son un peu hargneuse et mélancolique et BIM : tu t’ambiances polar pulp, on est très bien, là.

Le gameplay : darkest bludgeon

Il manquerait plus que le jeu soit jouable, non ? Eh bien pour ce que le Prologue en laisse voir, ça pourrait bien le faire ; bien sûr on garde nos petites pincettes pour la sortie du jeu complet mais on sait déjà à quoi s’attendre : une interface simple et efficace, des menus clairs et gracieux avec des ptits bruits qui vous lèchent les oreilles, on ne cherche pas, on trouve ! Et le lore vous tombe dans les bras, miam miam.

Sunday Gold : un menu
Des menus sobres et élégants, aux couleurs des meilleurs romans policiers…

Les mécanismes de jeu sont compréhensibles par les pingouins les moins glissants du tiroir : il s’agit de prendre des décisions et les bonnes. Votre amplitude d’action est déterminée par une jauge de PA dont vous aurez cruellement besoin lors des phases de combat. Plus vous passez de temps à fouiner lors de la phase d’exploration, plus vous passez de tours pour récupérer vos points d’action et plus le niveau d’alerte augmente chez les matons qui gardent le bâtiment, qui se font alors un plaisir de vous tomber sur le râble. Bagarre !

Les animations de combat sont assez statiques et c’est toi qui rythme la baston. Trois choix s’offrent aux personnages : se défendre (pour récupérer des points d’action et éviter les dégâts), attaquer ou utiliser un objet / une compétence (petite pointe de RPG ici) sur soi ou un partenaire.

Une jauge supplémentaire annonce des mécaniques rigolotes, qu’on n’a pas forcément le temps de voir dans le Prologue : le sang-froid. Vos personnages ont des faiblesses et vous pouvez être amené à en perdre le contrôle si vous dépassez leurs limites face à la pression.

Ok, mais ce serait pas un peu trop simple tout ça ? Au-delà de l’aspect stratégique de la gestion des points d’action, le jeu vous propose des puzzles et des énigmes en mode escape game. Vous n’ouvrirez pas cette porte sans bonne raison de le faire, et surtout, sans les clés ou une séance de crochetage de la serrure. Vous aurez également à hacker des terminaux et là il va falloir refouler vos douloureux souvenirs de vos parties de Mastermind avec votre grand frère (TANT MIEUX POUR VOUS SI ELLES N’ÉTAIENT PAS DOULOUREUSES).

Le Prologue ne devrait pas vous mettre en difficulté (quoique je n’ai PAS ouvert la porte de la cave du bar et que je ne sais PAS à quoi ça a servi de prendre cette valve de bonbonne dans la salle de surveillance) mais on espère fort que ce sera le cas dans la suite du jeu.

 

Conclusion

Il est beau, il tinte bien, c’est un jeu réjouissant et plein de promesses que nous proposent BKOM et Team 17 ! J’ai très envie de partir à l’assaut de ce building plein d’agents de sécurité et de secrets industriels, pour le plaisir de voir mon équipe de bras cassés sortir victorieuse ! Je m’attends déjà à quelques retournements de situation téléphonés par l’intro mais j’ai quand même envie de les voir tomber dedans… Les mécaniques de point and click et stratégie au tour par tour sont plutôt classiques, sauf qu’on n’a pas l’habitude de les voir fonctionner ensemble. On espère que la sauce continuera de prendre et on lui donne rendez-vous au 13 septembre ! Pour vous faire une idée, vous trouverez ci-dessous le playthrough de ma partie et vous pouvez encore lancer le Prologue depuis Steam.