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Zombie Army 4 : Dead War ne révolutionne certes pas sa formule ancestrale mais elle y injecte un supplément d’âme visuel qui fleure bon la nostalgie du cinoche de zomblard des années 70.

Pour ce quatrième opus de la franchise coop de Rebellion, c’est donc plus vers le cinéma de Lucio Fulci et les multiples séries B de zombies européennes des seventies que vers les œuvres de George Romero que le studio va puiser son inspiration et nous sculpte des niveaux tout en clair-obscur, surplombés par des skyboxes majestueuses, grouillant de détails macabres oscillant entre le glauque et l’hilarant.

Que ce soit sur les pentes râpeuses d’un petit village de Sardaigne ou dans les travées humides d’une Venise en proie à un requin zombifié, l’atmosphère moite et électrique que dégagent les vagues de mort-vivants nazis est littéralement palpable. Surtout quand l’air se remplit soudainement de gaz verdâtres asphyxiants !

Événement du 25 novembre à la Crypte des morts vivants


Sur la foi de deux niveaux en campagne coop, Meat Locker (3ème niveau du jeu) et Molten Nightmare (6ème), et un mode horde qui ne perd pas de temps pour nous mettre dans le bain, nous étions quelques âmes torturées, ce 25 novembre, au fond d’un crypte aux abords du cimetière du Père Lachaise, à essayer pour la première fois Zombie Army 4 : Dead War.

Deux personnages testables, aux modélisations tout à fait exemplaires, mais qui conservent encore un peu de cette raideur de déplacement des héros inhérente aux productions du studio, embarquent chacun deux armes principales et une poignée de grenades avant de se lancer dans un circuit relativement balisé où s’enchaîneront diverses missions ponctuelles.
Réparer un générateur électrique et le protéger contre les assauts ennemis, sécuriser une zone pour briser un sceau, faire tomber un zombie particulièrement costaud de type mini-boss, la progression est d’autant plus agréable qu’elle varie les objectifs autant que les perspectives de l’architecture. On s’adapte avec plaisir (et parfois difficulté) aux nouveaux impératifs tout en appréhendant les changements de décor.

Zombie Army 4 Dead War prête pour l'afrontement

Zombie Army 4 Dead War prête pour l’afrontement

Rebellion est ici dans le cœur de sa plus grande compétence : confectionner des expériences de coopération équilibrées et fun qui allient intelligemment variété des ennemis, level design retors et arsenal hétérogène.
Qui dit zombie, dit viser la tête, et pour ce faire, un assortiment de fusils de précision est bien évidemment proposé. Ces derniers auront une tendance à déclencher les killcams toutes droit venues de leur frangine de franchise, Sniper Elite.
On y verra donc, comme à l’accoutumée ces headshots particulièrement bien cadrés, où la cervelle zombie explose au ralenti accompagnée au besoin du tintillement du casque qui saute ou ces explosions qui décimeront par dizaines les carcasses pourrissantes des zombies. Mais les mitraillettes et autre fusils à pompe seront aussi jouissifs à utiliser contre les hordes trop insistantes. Il en va de même pour les grenades appâts, qui vont ramasser les foules ennemies en une zone définie, les fils-pièges qui permettront de miner un goulet d’étranglement…

En règle générale, l’arsenal est largement à la hauteur du défi relevé par les personnages, mais il ne sera pas suffisant pour survivre. Partout, tout au long des niveaux, vous trouverez tout un attirail de pièges intégrés aux décors, comme des hélices à déclencher, qui déchiquetteront tout ce qui passera à leur portée ou des zones électrifiables. Des mods pourront aussi toujours être appliqués aux armes pour leur conférer des pouvoirs, électricité, flammes, ou autres…

Malgré cette rigidité héréditaire dont sont atteints les personnages, il est assez facile de se repérer dans les ruelles labyrinthiques de Zombie Army 4. Et cette aisance à se déplacer et à couvrir plusieurs angles avec l’aide de son coéquipier laisse le champ libre à des stratégies initiées sur le moment ou plus réfléchies. La réanimation de ses amis est notamment pensée pour être relativement rapide à mettre en œuvre, et l’absence de tir ami permet de mieux apprécier un défouraillage qui n’est pas toujours d’une précision extrême.

Zombie Army 4 Dead War gameplay vague de zombie

Zombie Army 4 Dead War gameplay vague de zombie

Des zombies retravaillés

Mais la véritable prouesse, s’il fallait en relever une qui se démarque des autres numéros de la franchise, se situe plus du côté des zombies que de celui des héros. Rarement les hordes zombifiées auront eu autant de caractère. Dotés d’animations réellement saisissantes, les corps décomposés des ennemis sont ici très travaillés, alliant leurs silhouettes décharnées à une vraie difficulté de gameplay qui consiste à viser juste sur des corps aussi abîmés.
Voir ces zombies errer, puis tenter de nous attraper, les piétiner quand ils rampent au sol, les larder de coups de couteaux quand par miracle, on parvient à les surprendre dans un moment de faiblesse. Ces interactions avec des créatures aussi bien construites et aussi finement dessinées sont un véritable plaisir.

Quant aux mini-boss (n’ayant pas eu le temps de finir un niveau au complet, je ne peux pas parler des vrais boss), ils peuvent compter sur la panoplie habituelle de points faibles à dégommer pendant qu’une flopée d’ennemis plus faibles viendront vous gêner dans vos positionnements. Beaucoup de feu et de conteneur d’essence sont ajoutés au mélange et le cocktail explosif peut s’avérer être autant un allié contre les zombies qu’une source supplémentaire de chaos à gérer pour les joueurs. Enfin, on peut saluer, même si ça n’a rien de nouveau dans la franchise, l’immense flexibilité du système online de coop. Qu’il s’agisse des multiples réglages de difficulté ou de variantes dans les modes (combien de vagues pour le mode horde, dans quel décor, etc), ou de la possibilité de rejoindre les parties de ses amis en cours de route, tout est fait pour que l’expérience soit la plus fluide et la plus partageable possible.

Il en va de même pour les “classes”. Chaque personnage a une classe attenante mais peut plus ou moins démarrer avec les types d’armes qu’il veut, et rien n’empêche de ramasser, au sol ou sur un râtelier, une arme d’un tout autre type au bout de quelques minutes de jeu et de continuer sa partie avec. Tout comme il est également possible de se saisir des armes des mini-boss, comme les gatlings ou les lance-flammes, jusqu’à ce qu’elles soient épuisées.

Pour résumer, Rebellion affine sur Zombie Army 4 la partition que le studio maîtrise le plus : un level design malin, des mobs racés, un arsenal varié, précis et efficace et un système online ergonomique. Il ne semble en revanche toujours pas très enclin à bousculer les animations un tantinet raide des héros, ce qui peut se révéler au mieux un peu frustrant, au pire gênant dans le gameplay lui-même, avec notamment l’absence d’une véritable esquive d’urgence, qui manque définitivement à l’appel.
Mais quand vous tournerez la tête après avoir administré un beau headshot et que vous verrez, dans le ciel estival d’une Italie en proie aux flammes, un volcan gigantesque dont les coulées de laves sembleront glisser jusqu’aux pieds de la colline où vous vous tenez, ces quelques défauts techniques n’auront que peu d’importance. Ce qui comptera, ce sera l’urgence du moment : tuer encore plus de nazis zombies, et prendre garde à ce que vos amis ne se laissent pas submerger par la masse putréfiée. Mais ça n’arrivera pas, pas aujourd’hui, pas tant que vous tiendrez fermement ce Gewehr 43 entre vos doigts crispés…

Zombie Army 4 : Dead War sortira le 4 février sur PC et consoles de salon. Vous pouvez déjà vous abonner sur Just For Games pour l’alerte de la disponibilité du jeu.