60 Parsecs survivre dans le potage
Ambiance SF7
Gameplay3
Humour / Ecriture6
Knorr, LIebig, Royco, Top Budget10
6.5la note sur 10
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Alerte maximale ! Il vous reste 60 secondes pour récupérer votre nécessaire de survie sans cela vous mourrez ! Dans la lignée de 60 Seconds! et dans un contexte spatial et extra-terrestre, plongez dans un jeu de survie minimaliste sur fond d’humour et d’équipage à gérer. Combien de temps survivrez-vous ?

Jeu : 60 Parsecs Genre : Survie Studio : Robot Gentleman Date de sortie : 18 septembre 2018 Plateformes : PC

60 Parsecs

Journal de bord, J+3

Cher journal, la Terre a explosé il y a maintenant 3 jours mais ce n’est pas grave car j’ai un super équipage… et un stock de soupe ! Tom est vraiment très fort, Deedee très intelligente et Maegan est juste… vieille.

Journal de bord, J+7

Cher journal, cette semaine, après avoir réparé la navette et préparé de la soupe en quantité, nous avons rencontré nos premiers aliens. On a dansé le sirtaki et bu des coups avec des cafards grille-pain géants.
Qu’est-ce qu’on s’est marré ! Sauf Maegan comme d’habitude.

Journal de bord, J+10

Cher journal, nous voilà arrivés sur notre première planète ! Quelle excitation ! Tom est parti l’explorer pendant que je prépare de la soupe avec Deedee. Maegan, quant à elle, parle à ses chaussettes.

Journal de bord, J+16

Cher journal, Tom est revenu de son exploration et n’a pas trouvé grand chose. Pendant ce temps, j’ai commencé à recycler le ruban adhésif pour en faire de la soupe. On a trouvé un fruit bleu plein de veines, on a demandé à Maegan de le goûter, elle a maintenant 3 bras à la place du nez.

Journal de bord, J+30

Cher Knorr, je me suis arraché les cheveux pour faire de la soupe, j’ai brisé le hublot du vaisseau pour faire de la soupe, j’ai extrait le jus des chaussettes de Maegan pour faire de la soupe, j’ai fait de la soupe de Maegan. J’ai faim.

Soupe Simulator

60 Parsecs est donc un jeu de survie post-apocalyptique au sens premier du terme. Notre planète a explosé, on a eu tout juste eu le temps de s’échapper à bord d’une navette spatiale et il va donc falloir survivre et trouver une nouvelle planète d’accueil.
Comme un préambule à notre aventure, on commence le jeu en contrôlant notre héros dans une station spatiale sur le point d’exploser. Il faut alors rapidement récupérer un maximum de matériel (soupe, craft, membres d’équipage) avant la fin du timer. Les commandes ne sont pas ultra réactives, mais on arrive rapidement à comprendre l’intention et choisir qui et ce que l’on veut emmener dans nos bagages.
Attention à ne pas négliger cette toute première étape ou vous vous retrouverez très rapidement agonisant, à devoir boire votre urine et découvrir les joies du cannibalisme.

60 parsecs, un peu beaucoup pour un seul membre… d’équipage

L’enrobage du jeu est assez plaisant pour peu que l’on aime l’ambiance sonore des vieilles séries SF type Star Trek (oui oui, la version avec plein de gens en pyjama qui gratte), Battlestar Galactica ou bien encore Perdus dans l’espace. La navette dans laquelle on passe 99% de notre temps ressemble à ces vieux vaisseaux des films des années 60/70, faits de bric et de broc (et aussi de plastoc). Le graphisme est plutôt lui aussi réussi et il m’a souvent fait penser certaines productions de la belle époque de LucasArt (Day of the Tentacle principalement). Et puis c’est à peu près tout… Ce qui est franchement dommage, c’est qu’il y avait de la place pour mettre un peu d’animations dans tout ça !

Graphismes sympas ok, mais pourquoi ne pas les faire bouger un peu ? Avec toutes les aventures, les rebondissements, les pépins, les surprises, etc… que l’on rencontre, il aurait vraiment été agréable que la narration soit épaulée par un côté visuel plus marqué. Dans ce 60 Parsecs, il n’y a que 3 postures différentes pour chaque personnage selon qu’il soit en forme / affamé ou blessé.

Un jeu dont vous êtes le héros

60 Parsecs est donc un jeu d’aventure-texte. Il faut le savoir et l’accepter avant de se lancer dans l’aventure. Plutôt bien écrit et bien localisé (j’y ai joué dans la langue de Maitre Gims), le jeu est également assez drôle, décalé et truffé de références (THX 1138, Doctor Who…). Rassurez-vous (ou pas), tout est très politiquement correct, absolument pas vulgaire et aucun thème abordé ne risque de choquer la ménagère ou son marmot. Il faudra cependant que ce dernier apprécie la lecture.

Chaque tour de jeu représente une journée de survie dans l’espace (ou à terme, sur une planète). Après un rapport faisant état du bilan de la veille (quelles ont été les répercussions de nos choix), une situation, un problème, une rencontre nous est détaillée et un ou plusieurs choix nous sont proposés. En fonction de notre réponse, nous réussirons ou pas à nous sortir du mauvais pas. Avant de finaliser le tour de jeu, il est possible -et même recommandé- de faire de la soupe… euh, de crafter différents objets.

Est-ce un problème d’équilibrage, de mécanisme de jeu que je n’ai pas intégré ou bien tout simplement de difficulté ; toujours est-il que lors de mes différentes parties, j’ai passé le plus clair de mon temps à crafter de la soupe. En étant un peu attentif à ce qui est raconté, en anticipant certaines constructions, bref, en s’investissant et en se projetant à la place de ces apprentis survivalistes de l’espace, on arrive à plutôt bien slalomer entre les embûches. Mais malgré tout, c’est à chaque fois la famine qui aura eu raison de mon capitaine en herbe.

Vous reprendrez bien un peu de soupe ?

Et comme si ça suffisait pas au chapitre des déceptions, voilà la cerise sur le potage. Alors que chaque partie commence par le même tutoriel pour ramasser des objets, bla, bla et rebla… Et bien ce gameplay, plutôt dynamique, n’est absolument pas repris pendant tout le reste du jeu alors que ça aurait été formidablement intéressant d’explorer les différentes planètes. Cela aurait également permis au joueur de changer de rythme car il faut bien l’avouer, passé les 20-30 premiers jours de jeu, on s’ennuie ferme !

Conclusion

60 Parsecs, à la réalisation simpliste mais efficace, passe à côté de l’essentiel pour moi : le plaisir de jouer. Les fesses entre deux chaises en apesanteur, le jeu n’arrive jamais à décider s’il est un survival-game hardcore (certaines mécaniques de jeu laissent y penser) ou un simple QCM teinté de soupe en brique…

Non, définitivement, j’aime pas la soupe !

Ceci dit tout n’est pas à jeter dans 60Parsecs et il peut clairement trouver son public. Pour des petites parties à jouer de temps en temps, c’est pas trop mal écrit, en revanche c’est quand même ultra répétitif. A jouer de temps en temps en partie rapide, ou reprendre son ascension vers la survie ultime. A voir si des mise à jour peuvent apporter du renouveau au jeu.
Disponible sur Steam et GOG à 14,99€, il faudra peut-être attendre une baisse de prix pour se délecter de son breuvage.

A propos de l'auteur

A officié depuis un certain nombre d'années sur Vectrex, Amstrad CPC 6128, Sega Master System, MegaDrive, Amiga 500, Dreamcast, divers PC, Playstation 1 à 4... et toujours curieux de la chose vidéoludique, persuadé qu'une fraction de sublime réside dans chaque création... Même dans Hanna Montana sur PS3 !

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